Sankara le savait-il ?


L’assassinat de Thomas Sankara est un message clair des néocolonialistes à l’endroit des férus de probité. Il n’y a donc plus d’inquiétudes à avoir car l’issue de la vérité est la mort qui elle même est paix. Ce qui absorbe encore est la volonté de rendre ce message de justice et de vérité impérissable au-delà des générations.

Un peuple en retard sur ses convictions

Le constat reste implacable en Afrique de l’Ouest ; le néocolonialisme, qui depuis le soleil des indépendances, est l’accaparation des ressources disponibles par les élites africaines au profit de leur clan mais également des entreprises et états occidentaux, demeure. Les veines tentatives de gestion intègre du pouvoir se sont soldées par des abus et surtout par des échecs. C’est cela qui me fait croire que la notoriété et le charisme d’un individu n’égalera jamais la stabilité d’une institution fonctionnant avec des gardes fous. Prendre le pouvoir n’est donc pas un objectif ultime. Il s’agit en effet de le redonner au peuple.

Trente ans après Thomas Sankara

Nos peuples sont dans une conjoncture encore plus dramatique. Nous sommes cernés au nord et dans l’Atlantique par des organisations paramilitaires terroristes et ne contrôlons pas l’ensemble de nos territoires. Nos ressources sont confinées par des élites africaines tribales et claniques qui continueront de se faire la guerre pour accéder au pouvoir tant que nous fermerons les yeux sur les abus concernant nos lois et nos constitutions qui changent au gré de leurs humeurs. Notre population désabusée se raccroche à tout espoir de survie. Nos enfants, nos femmes et nos hommes sont affamés quand ces derniers, absents, pactisent avec le diable pour un bout de pain. Alors oui, d’aucuns ont peur pour leur vie mais veulent aussi vivre paisiblement. C’est un paradoxe en Afrique car qui va seul au champ, se retrouve emprisonné sur un négrier.

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La flamme africaine continuera de briller

Il existe une multitude de méthodes pour aller de l’avant mais il y a une seule chose qu’on ne pourra ni enlever, ni inculquer aux africains. C’est la flamme qui leur fera choisir leur continent. Ce choix revient à transformer sa vie et ses décisions pour qu’elles soient profitables à l’Afrique. Face à la faillite de nos élites dirigeantes, la clé de la réussite réside en la combinaison du capital, privé, public et humain provenant du continent et de la diaspora et le travail des locaux conscientisés. Nous devons réfléchir ensemble à la méthode qui nous permettra de généraliser la Solidarité Africaine. Les vers qui illustrent ces mots sont issus d’une réflexion intitulée : Thomas le savait-il ? Thomas Sankara savait-il que nous étions trop lâches pour le renier pendant plus de trente ans ? Qu’advient-il d’une révolution quand elle n’est portée que par une figure emblématique ?

La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Stéphane Kablan Allou

 

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