Pour un Développement durable et solidaire


Le négrier d’or s’en vient en mer

Les larmes qui découlent de mes yeux humides, pleurant la gloire des empires africains d’antan, s’évaporent dans mes souvenirs, et laissent place à la sueur qui s’amoncellent sur mon front de travailleur acharné, dans l’espoir de jours bienheureux.
Le combat que nous devons livrer est sombre et difficile ; il est celui de l’affirmation de nos valeurs ancestrales vers lesquelles nous devons tendre et qui sont les seules forces qui nous permettront de ne pas sombrer avant l’ensemble de l’humanité. Ces valeurs sont notamment matérialisées à travers la charte du Mandé, proclamée lors de l’intronisation de l’Almamy Soundiata Keita à Kouroukan Fouga en 1236. Elles posent les bases du développement harmonieux du peuple africain. L’histoire conduit notre génération à porter celle du développement durable des africaines et des africains.

La Solidarité Africaine

La diaspora africaine possède un des annelets du développement du continent africain. Par diaspora africaine, j’entends aussi bien les africaines et les africains se trouvant en dehors de leur pays d’origine, mais également l’ensemble des afro descendants. Cette diaspora a intérêt à se former mais également à se rapprocher du continent afin de mettre en œuvre la Solidarité Africaine. Là où j’ai pu constater son existence, si elle est pourvoyeuse de développement économique, elle n’est pas suffisante pour nous permettre de progresser. Nous devons confluer vers le développement durable qui fait concourir développement économique, environnemental et social.

La Solidarité Africaine trouve sa pertinence, tant dans le mode d’investissement durable recherché qui suppose un ancrage territorial, que dans la mobilisation des ressources nécessaires auprès des citoyens et de la diaspora pour répondre aux besoins des populations locales. Elle sera pérenne lorsque les investissements seront orientés vers le marché local afin d’accroître les revenus locaux à travers l’emploi dans le but de stabiliser l’activité économique locale. Ce type d’investissements, en plus d’être rentables, permettront à la diaspora africaine d’être un véritable philanthrope pour nos économies nationales.

La vitalité de la stabilité économique

Au niveau local, ces investissements doivent se concentrer dans le secteur secondaire et tertiaire, notamment dans la transformation locale de l’ensemble de nos matières premières. Outre l’exportation, il nous est indispensable de consommer nos produits locaux plutôt que les produits importés. C’est à travers ces investissements dans la transformation de nos matières premières et dans la démocratisation de leur consommation que nous leur ferons prendre de la valeur ajoutée et que nous pourrons en vivre. La Solidarité Africaine intègre les valeurs de l’entrepreneuriat et préconise la Responsabilité Sociale des Entreprises qui se trouvent sur le territoire africain. Cette imputabilité doit être induite dans nos logiques d’investissement et doit permettre aux entreprises locales de soutenir un fond social pour le financement de la formation professionnelle locale.

La nécessité d’investir dans le secteur secondaire et tertiaire est induite par la volonté d’améliorer l’inclusion sociale à travers la réduction du chômage et par l’apprentissage. Par ailleurs, il est vital que les revenus des ménages africains soient consommés au niveau local, idéalement à travers des produits et services locaux. La hausse du revenu local entraîne celle de la consommation locale. Elle suscite également celle de l’épargne qui doit être locale afin de soutenir les investissements locaux en plus de ceux provenant de la Solidarité Africaine et ainsi garantir la stabilité économique locale. L’investissement dans le domaine de l’éducation et notamment dans la formation professionnelle est capital pour notre passage à la vitesse supérieure. Je salue ainsi toutes les maisons qui forment nos jeunes et nos cadres depuis des décennies.

Le bien être des populations locales est la clé de notre paix sociale

Le linge sale se lave en famille et c’est pour cela que je ne l’étends pas. La paix sociale découle de la stabilité de l’activité économique locale, localité après localité. Tant que nous ne serons pas aptes à nous assurer que dans les régions les plus reculées de notre continent, les africaines et les africains ne pourront pas assouvir leurs besoins fondamentaux, à savoir l’ensemble des besoins physiologiques, ceux de la sécurité, les besoins sociaux, d’estime et d’accomplissement personnel, il n’y a aura pas de péroraison aux troubles que nous vivons. L’objectif de la Solidarité Africaine est d’entraîner la synergie de toutes les initiatives des africaines et africains, à converger vers le développement durable du continent africain, afin de permettre à ses populations les plus vulnérables de vivre une vie plus digne.

Stéphane Kablan Allou

Facebook Comments
Previous Il rencontre un drone qui l’envoi jusqu’à la Mecque
Next SONGHAÏ : un modèle de Ferme Biologique unique en Afrique