La Côte d’Ivoire demande à son tour la restitution de ses trésors volés


Ce 15 novembre 2017, Sa Majesté Assemien Nogbou, Roi d’Ebrah et président de l’Association Nationale des Rois de Côte d’Ivoire (ANARCI), a adressé au président Macron une demande de restitution.

Après le Bénin, c’est à la Côte d’Ivoire de demander la restitution de ses objets d’arts pillés durant la période coloniale française. Dans cette lettre adressée au président français Emmanuel Macron, Sa Majesté Assemien Nogbou, roi d’Ebrah et président de l’Association Nationale des Rois de Côte d’Ivoire, s’est exprimé sur la nécessité de recouvrer l’ensemble des oeuvres d’art volées au peuple ivoirien.

Encore aujourd’hui des milliers d’oeuvres et de biens culturels pillés pendant la colonisation sont détenus illégalement dans le musé du Quai Branly, qui se permet d’en faire des expositions, au détriment des peuples à qui ses oeuvres reviennent de droit.

Plume d’ivoire, et toute l’équipe se joint à sa Majesté Assemien Nogbou, Roi d’Ebrah pour demander restitution de toutes les oeuvres africaines pillées pendant la colonisation et détenus illégalement sur le territoire français.

Voici la lettre que sa Majesté Assemien Nogbou, Roi d’Ebrah à donc envoyer au président de la république française Emmanuel Macron pour demander restitution des :

Abidjan, le 15 novembre 2017

Lettre au Président de la République française

Copie
A M. le Ministre des Affaires étrangères de la République française A Mme la Ministre de la Culture de la République française

En ma qualité de roi d’Ebrah, président de l’ANARCI (Association Nationale des Rois de Cote d’Ivoire), et membre fondateur du Forum des Rois et Leaders traditionnels d’Afrique, je vous écris pour faire une requête visant à rendre justice à ma famille, à notre peuple, à notre pays et à nos ancêtres.

La colonisation s’est déroulée dans notre région comme partout ailleurs. Il y a eu de nombreux morts, et de nombreux biens culturels ont été emportés. Aujourd’hui, ils se trouvent le plus souvent exposés en Europe, et notamment en France. En 2013, le Cran, organisation basée à Paris, a d’ailleurs lancé une grande campagne internationale afin de favoriser le retour en Afrique des biens culturels emportés pendant la colonisation.

En 2015, les dirigeants du musée du Quai Branly ont inauguré une exposition sur « Les Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire ». La plupart de ces objets magnifiques ont été acquis par la France à l’époque de la colonisation, et souvent même, au début de l’époque coloniale. L’origine de ces biens et les modes d’acquisition n’étaient guère précisés, mais nous avons des raisons de penser que certains d’entre eux ont pu être acquis de manière illégale.

C’est pourquoi nous souhaitons engager un dialogue avec vous et vos services sur la base des inventaires nationaux français, qui ont été récemment réexaminés, afin de déterminer l’origine des biens issus de notre pays, et d’envisager leur restitution le cas échéant. Certains objets ont pu être acquis légalement, et les documents que vous détenez le prouveront aisément. D’autres non, et c’est de cela que nous souhaitons discuter.

La restitution est un enjeu de justice, et nous pensons que la patrie des droits de l’homme ne saurait être indifférente à cette question. La restitution est aussi un enjeu culturel, et la France qui est le siège de l’Unesco peut comprendre que les hommes et les femmes de notre pays aient besoin de montrer à leurs enfants le patrimoine qui est le leur. C’est également un enjeu spirituel, car certains biens enlevés sont des objets de culte, qui ont pour nous une valeur inestimable.

Mais c’est aussi un enjeu économique. Le tourisme est la première ressource de la France, et pour nous aussi, le développement culturel et touristique est une source de devises non négligeable. La Banque Mondiale, d’ailleurs, ne cesse de pousser les pays africains à se doter des infrastructures nécessaires dans ce domaine. Or, comment développer le tourisme culturel quand une bonne partie du patrimoine culturel n’est plus là ?

C’est pourquoi nous souhaitons avoir des échanges avec les autorités françaises dans le cadre du dialogue interculturel auquel nous sommes attachés. C’est dans cet esprit que je m’adresse à vous, M. le Président de la République française, comme vous l’avez compris. La restitution, j’en suis persuadé, ne pourrait que renforcer les liens étroits entre nos deux pays. Je me fonde sur les valeurs défendues par l’Unesco, mais plus encore sur le droit naturel et sur l’amitié entre nos deux pays. Dans l’espoir que vous pourrez donner à cette requête la suite qu’elle mérite, je vous prie d’agréer, M. le Président de la République française, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Sa Majesté Assémien Nogbou Roi d’EBRAH

Téléchargez : Lettre-du-roi-dEbrah-au-président-Macron

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