Le FASO DAN FANI : la renaissance du tissu africain


Le Burkina Faso, pays d’Afrique de l’ouest est parmi les premiers producteurs du coton en Afrique. Cette importance de production à favoriser depuis lustre d’antan le tissage de façon traditionnelle, à la main.

Le tissage métier prisé par les femmes passe par plusieurs étapes pour aboutir à un tissu final appelé FASO DAN FANI.

Un produit 100% artisanal

Le coton récolté, dans un premier temps est séché à l’air pendant plusieurs jours. Ensuite, il est battu pour séparer les quelques graines et déchets des fibres. Afin de garder uniquement ce qui permettra le tissage de ce coton. Ces fibres retirées, sont enroulées autour d’un morceau de bois pour en faire un fil de coton. Ce qui facilite la pose de couleur, pour une teinture éclatante. La dernière étape comme toutes les autres étapes, est réalisée à la main. Elle consiste à passer les fils dans le métier à tisser afin de procéder à son tissage. Pour informations, le métier à tisser est la machine elle aussi artisanale, qui permet de fabriquer le tissu. Il peut être fabriqué industriellement, ou manuellement. Mais l’exception Burkinabé est que tout le processus est manuel. De la fabrication du métier à tisser à la collecte du coton, jusqu’à la fabrication du produit fini.

Le FASO DAN FANI littéralement « pagne tissé du pays » en langue nationale Dioula du Burkina Faso est devenu emblème national dès les années 80 sous la révolution.

Le patriotisme à travers le FASO DAN FANI

En effet, lors de son accession au pouvoir, le Capitaine Thomas Sankara à priorisé la production locale et la promotion de la culture Burkinabé. Pour cela, il a imposé à ses fonctionnaires par décret le port du FASO DAN FANI comme tenue officielle au Burkina Faso. Mais aussi lors de tout déplacement et événement internationale. Pour s’affirmer en tant qu’africain, et permettre de faire vivre la culture de son pays. Pour lui, porter le FASO DAN FANI est un acte économique, patriotique et la volonté de développement du pays. Il ne se retenait de lancer souvent lors des conférences nationales comme internationales « Produisons ce dont nous avons besoin, et consommons ce que nous produisons ».

 

Pour sa valorisation et sa prise d’ampleur, ce tissu est exposé lors des grands événements et salons. Comme le SIAO : Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou au Burkina Faso ainsi qu’à l’extérieur du pays.

Dans cet élan de promotion de la production et de la transformation locale du coton par les tisseuses, les autorités depuis l’arrivée de Rock Christian ont institué le port de cette tenue lors de la fête internationale de la femme tous les 8 mars. Car il faut noter que la fabrication, et le tissage du FASO DAN FANI était une activité exclusivement réservé aux hommes. Jusqu’à ce que la gente féminine s’empare de cette technique et se l’approprie comme étant désormais une activité réservée aux femmes.

Une vieille histoire récente inspiré par le Capitaine Thomas Sankara

Abandonné un quart de siècle après la révolution, les nouvelles autorités ont donc remis cette tenue à la mode. En éveillant la fibre patriotique par l’identification des populations à cette dernière tenue. En aval de ce geste du gouvernement, plusieurs coopératives internationales en partenariat ont affirmé leur volonté d’accompagner les tisseuses nationales.

Cette collaboration s’est traduite par des visites comme celle de Stefano Manservisi. Le directeur général pour la Coopération internationale et le développement à la Commission européenne. Il a lors de son déplacement au Burkina, visité des projets financés par son organisation. De plus, il a inauguré un espace de travail pour le centre de tissage de l’association des femmes tisseuses de Ponsomtenga le lundi 27 février 2017.

Dans ce centre évolueront des activités de tissage, de production de pagne et de rideaux. Il estime que « c’est un projet formidable parce qu’il crée des produits qui sont prisés par la mode internationale ». Haram Sidibé, coordonnatrice Mali-Burkina Faso du projet de mode Ethique du centre de commerce international précise qu’ « il y a une créativité infinie qui intéresse la mode internationale».

En tant que jeunes africains, il est important que nous soyons les premiers défenseurs, clients et publics de cette culture si riche et si vaste qu’est la culture africaine.

 

« Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. » – Marcus Garvey

 

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