Déconnecté vous-dites ?


On est le 31 décembre, le dernier jour de l’année 2015, il est 16h et pour apprécier ce moment on a choisi de s’asseoir dans un café sur le bord du boulevard d’Anfa, une des grandes avenues de Casablanca.

Entre ami on discute de tout et de rien, mais surtout des pires et des meilleurs moments de l’année qui viennent de s’écouler. Des instants de fou rire parsemés de tristesse.

La force de la discussion nous entraine dans un état pensif. Chacun dans son univers observe les passants, et les voitures qui à l’image d’une rivière ne s’arrêtent pas de circuler.

Le temps passe, et au fur et à mesure que le soleil se couche on sent le dynamisme de l’atmosphère de plus en plus grandissant. La ferveur de la ville est si intense qu’on la ressent de manière remarquable.

Les gens sont pressés, nerveux, voir même surexcités.

Une bagarre entre deux passants débute en face de nous sans que personne n’intervienne. Plus question de rester là, on rentre à la maison.

Sur le chemin du retour on reste silencieux chacun semble ressentir la nostalgie d’une année passée, mais le stress qui émane de la circulation à une heure de pointe nous pousse à rentrer le plus vite possible.

Il fait nuit, en passant la porte de l’immeuble. Rayan mon frère pousse un OUF de soulagement, Stéphane mon ami réplique automatiquement en disant que lui aussi n’en pouvait plus de ce trop plein de mouvements en ces temps de fêtes.

Rentrés à la maison, chacun de nous prend son Smartphone ou son ordinateur, comme pour un besoin naturel, l’on se connecte tous à internet et aux réseaux sociaux, cet univers sans fin.

Pas moins de deux heures sont passées. Sans que personne ne dise un mot, trop concentré à s’afférer de ce qui se passe dans le monde à travers les médias et les réseaux sociaux.

Mais dans un mouvement collectif l’on s’arrête immédiatement, il est l’heure de préparer un repas spécial pour ce jour de fête.

Direction la cuisine où on improvise quelques recettes, histoire de déguster quelque chose de spécial.

Après un copieux repas, l’on attend impatiemment le compte à rebours pour les traditionnels embrassades et souhaits de nouvelle année. Et bien sûr pour partir en virée nocturne qui comme chaque année à la même date s’annonce folle.

On parle de cet après midi que l’on a passé et c’est l’occasion pour nous de réaliser qu’on a tous ressenti la même choses, une certaine oppression de la ville.

Achraf nous rejoins et sans trop s’attarder on décide de quoi faire après minuit, à mon étonnement, nous avons choisi à l’unanimité de partir loin de la ville, histoire de se déconnecter de ce monde.

La magie d’internet.

Quelques clics sur internet suffisent pour survoler la carte, prendre quelques renseignements et savoir où aller, quand et comment.

Destination Ackchour,  pour y aller, 9H,  cinq par train, deux par bus, et deux autres interminable heures dans un taxi. En compagnie d’un chauffeur improvisé guide touristique qui a des histoires de plus en plus folles au fur et à mesure de nos slaloms sur la route de la montagne.

Un long parcours interminable, mais ce n’était plus rien lorsqu’à nos premiers pats, nous découvrons ce qui à de plus beau, de plus vrai, de plus authentique et de plus brut ! La nature à perte de vue.

Après quelques discussions avec les gens du coin, on se dirige vers ce qui va nous servir de chambre pour ces deux jours. Enfaite ce ne sont que quatre mur, avec une porte et une fenêtre qui nous offrent une magnifique vue sur la montagne.

On pose nos affaires sur les semblants de fauteuils, et on ressort faire un tour, histoire de se dégourdir les jambes après ce long voyage.

On découvre là le ruisseau provenant des chutes d’eau, une eau aussi bleu et claire que le ciel, si pure que l’on ne s’est pas privé d’en boire.

Nous somme au milieu des montagnes, il n’y a aucun bruit mis à part celui des oiseaux et le son de l’eau qui frappe les rochers, l’air est pur, il n’y a aucune pollution aux alentour, autant dire que c’est un petit coin de paradis.

Nous voulions nous déconnecter du monde, aller où il n’y a rien, et c’est chose faite.

Mais une fois ici, on prend conscience d’une chose, nous sommes plus connectés que jamais, au vrai monde, au milieu de ses montagnes on peut sentir les vibrations et les cris de notre monde, ses symphonies et ses caprices, comme s’il tentait de nous parler.

Ici on vit au rythme de la nature, on se couche quand le soleil disparait et on se lève quand il pointe son nez.

On est heureux quand le temps favorise les bonnes récoltes et un peu moins quand rien ne pousse.

Les gens sont calmes, une certaine sagesse les habite, comme s’ils avaient échappés à l’effet de la vie en ville.

Pas de connexion internet, pas de réseaux mobiles, pas d’électricités, autant dire que ce n’est pas facile pour nous.

C’est le moment, de se rapprocher de nous-même, et de ce monde, comme des retrouvailles après un long moment d’absences.

On se promène, on découvre, par moment stupéfait et par moment juste pensif, histoire de réaliser à quel point l’ont peut être insignifiant devant cette grande nature.

Comme des enfants, on rigolent, se charrient, tout devient prétexte de jeu, et de sourire.

Deux jours sont passés, c’est le moment, de revenir, à nos bonnes vieilles habitudes, nos téléphones à l’approche de la ville captent le réseau, ils n’arrêtent plus de sonner à causes des nombreux messages et notifications que l’on reçoit.

Les bruits de la ville nous font regretter les deux jours paisible que l’on a passé, et qu’on n’oubliera surement jamais.

On a voulu se déconnecter, pour une fois. Mais on s’est connecté à nous, au monde. Pour une fois, on a pu se découvrir une nouvelle nature, une nouvelle facette, et une autre manière de voir et de comprendre le monde, alors qu’on était si sûre de le connaître et de se connaître.

Se rapprocher de l’Homme et de la Nature est une chose essentielle, que l’on a pu réaliser à nos dépend, et sans regret.

On ne va jamais trop loin à la recherche de soi.

 

 

 

 

 

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