Le pagne Baoulé: pourquoi est-il prisé en Côte d’Ivoire?


Aujourd’hui, nous faisons un tour particulièrement chez les Baoulés pour en savoir plus sur le pagne Baoulé. 

En Côte d’Ivoire chaque peuple a sa culture et son code vestimentaire. En pays Baoulé, il est quasi-impossible de constater l’absence du pagne baoulé lors des grandes cérémonies. Ce sont des tenues d’une extrême valeur destinées à des personnalités. On ne les porte pas n’importe comment et à tout bout de champ. Mais quelle est l’origine de ce pagne ? Ou du moins, quelle est son histoire? 

Origine du pagne Baoulé

Selon l’histoire des peuples Baoulé issus du groupe Akan venu du Ghana, ce pagne traditionnel est hérité du Royaume Ashanti du Ghana. Ce sont des tissus  faits de soie et de coton composés de bandes de tissu entrelacées. Ces pagnes sont très sollicités pour leur qualité et leurs motifs aussi colorés qu’éclatants. 

Arrivés en Côte d’Ivoire, les Baoulés, peuple principalement installé au centre du pays, ont continué l’exercice de ce bel héritage. C’est ainsi que la déclinaison « pagne baoulé » est née. On retrouve principalement les tisserands de ce pagne dans les villes et régions de Tiébissou, Toumodi, Yamoussokro, etc.

Comment fabrique-t-on le pagne baoulé? 

D’abord, il faut savoir que ce pagne est tissé spécifiquement à la main par des tisserands. C’est un peu complexe, n’est-ce pas ? Mais c’est cette complexité qui donne de la valeur et de l’originalité à ce pagne. Alors, pour confectionner le pagne baoulé les tisserands se servent du fil de coton qu’ils tissent en bandes selon le modèle du pagne. Mais avant de tisser les fils, ils en font la teinture  généralement en Indigo. Ensuite les bandes obtenues sont assemblées pour former un pagne de coton. 

Par ailleurs,  il faut préciser que n’est pas tisserand qui veut. Car, c’est généralement un héritage culturel qui se transmet de génération en génération.  Alors, dans la fabrication, les tisserands font usage de plusieurs formes et figures géométriques pour donner un design particulier et authentique à leurs créations. C’est donc ces compositions qui donnent les différents motifs ou modèles que nous voyons sur le marché.  Les baoulés sont également connus pour leur expertise à réaliser des tissus à base de Raphia. 

Parfois on remarque une différence de qualité entre ces pagnes tissés. Cela n’est pas fortuit. En effet, les tisserands expliquent qu’il y a trois classes de pagne baoulé en fonction de la bourse du client. Il y a donc: 

  Le pagne de grande valeur ou de qualité supérieure. 

Il coûte cher parce que les matières utilisées pour sa confection sont très coûteuses. C’est un pagne qui est destiné à de hautes personnalités comme les Rois, les Chefs, Notables, etc.  Entre autres, nous pouvons citer des modèles tels que : le Betchibéwu, le Tokun siô wun, le Monin tchin n’gnon, le Nonkanfian, l’Awoulaba… La fabrication d’un pagne de qualité peut prendre un bon mois et demi voire deux mois. 

Le pagne de qualité moyenne 

La confection de ces pagnes n’est pas assez difficile et les matières sont faciles à trouver et coûtent peu chères.  Nous avons les pagnes comme les Ahokpoua, le Crazana, le Fôvô, les Pkêta. 

Les pagnes avec motifs simples

Les  motifs simples sont faits à base de fils de qualité moyenne et prennent moins de temps pour la fabrication. Ils sont véritablement accessibles en terme de prix par toutes les classes sociales. Nous par exemple : le  Wué-gna, le Klahankan, le Kloualama, l’Adjalédor, La paix, Bénitiagnon, Awlinba takan qui sont très simple mais jolis.  

Entretien facile 

Nous savons que vous vous demandez comment entretient-on ces pagnes qui coûtent quand même une fortune ? Sachez que c’est simple et pas difficile à entretenir. Quand c’est sale, il faut juste le laver à sec dans une machine à sec. Ne craignez pas car c’est un pagne assez lourd et qui ne se déteint pas après quelques lavages.  

Il faut dire que ce pagne est très prisé en Côte d’Ivoire lors des cérémonies d’envergure parce qu’il a une forte valeur et dégage la noblesse. Aussi, au delà de sa beauté, il véhicule un message de paix, d’amour, de fraternité et de cohésion sociale.

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Michel ALIHONOU

Previous Essowè Odile Tchaou, 22ans et créatrice de « Edem Shoes».
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