les 5 principes de la propagande de guerre selon Michel Collon


Voici la transcription de l’intervention télévisée de Michel Collon sur le plateau de France 2, dans le débat « Intervenir ou pas en Syrie, le dilemme ». Il explique les 5 principes de la propagande de guerre qu’utilise souvent l’occident pour justifier leurs guerres.

 

Michel Collon : « Moi qui suit les guerres et la propagande de guerre dans les informations depuis vingt ans, tout ce que je viens d’entendre là, ça en fait partie. Et je voudrais rappeler cette phrase du premier ministre britannique Lloyd George, en 1994, il disait : « si le gens savaient à propos de la guerre, elle s’arrêterait dessuite, mais les gens ne savent pas, et ne peuvent pas savoir. » Ces vingt années d’étude sur les guerres, et tous les prétextes de ce genre, et tous les mythes qui ont été fabriqués comme ça, m’ont amené à penser qu’il est très important que les gens qui nous regardent et qui nous écoutent, réfléchissent que dans chaque guerre, on applique ce que j’ai intitulé les principes de la propagande de guerre. On ne peut pas évidemment dire qu’on fait la guerre pour le pétrole, pour le gaz, pour le fric etc. Donc il faut travailler l’opinion publique.

Premièrement,en cachant les intérêts,

et je m’excuse, la question de la Syrie c’est très simple : il y a du pétrole, il y a du gaz, il y a des gazoducs, il y a des projets énormes qu’il y a en-dessous de la Méditerranée qui intéressent Israël, tiens, tiens ! Et quand on voit que Total et le Qatar, maintenant, en Libye se partagent le gaz, il ne faut pas faire un dessin !

Deuxième grand principe de la propagande de guerre, c’est de cacher l’Histoire.

Et la France se pose en donneuse de … m’enfin la France d’en haut, se pose en donneuse de leçons, il ne faudrait quand même pas oublier que le colonialisme français a bombardé les syriens en 1945 pour les empêcher d’acquérir leur indépendance, à pratiquer et organiser la division de la Syrie, notamment sur des bases religieuses, et puis que tout l’histoire de la Syrie, depuis qu’elle a résisté à l’Israël, ça a été le travail des États-Unis et d’Israël pour affaiblir et briser la Syrie. Et Roland Dumas disait, il y a pas longtemps, que il y a dix ans, on lui avait dit à Londres : « on prépare quelque chose en Syrie, est-ce que tu veux en faire partie? » Il avait dit non. Deux ans avant les manifestations.

Le troisième grand principe de la propagande de guerre, c’est qu’il faut absolument, quand on a des idées d’attaquer pour le pétrole, le gaz et le fric, il faut absolument diaboliser l’adversaire.

Et donc là, on a droit à toute une série d’histoires, et celui qui dit ici : « Moi je sais tout ce qui se passe en Syrie ! » je n’ai aucune certitude, pour moi, c’est un charlatan, je pense qu’il n’y a pas de guerre propre, je pense qu’on a vu des atrocités des deux côtés, et je pense que quand on se réclame de la Justice, dire avant toute enquête : « je sais qu’il va falloir faire quelque chose et je sais qui est coupable ! » c’est pas sérieux ! Un tribunal qui jugerait comme ça ne serait pas accepté. Sur la question des armes chimiques, c’est évidemment intolérable, je voudrais juste poser la question à ceux qui connaissent bien les États-Unis : quel est le pays dans l’histoire qui a le plus utilisé des armes chimiques, biologiques et bactériologiques… sinon les États-Unis ! Avec 250 kilos d’armes chimiques balancées sur le Vietnam et maintenant encore des bébés qui naissent comme des monstres… et dans toute une série d’autres pays. Donc si Obama trouve que les armes chimiques c’est intolérable, il ne doit pas aller très loin pour punir les coupables.

Le quatrième grand principe de la propagande de guerre,c’est toujours qu’il faut se présenter comme défendant les victimes, quand on fait des guerres soi-disant humanitaires.

Mais là, la miche a été vendue hier ou avant-hier, je ne sais plus, par Bernard Kouchner, qui est un pro-interventionniste , et qui a dit devant une télé française : « Bien sûr que le but c’est de renverser Bachar El Assad, mais il faut un habillage diplomatique. Ça veut dire qu’on n’est pas là pour défendre les Syriens, parce qu’en réalité c’est une guerre qui a été provoquée par les États-Unis et leurs alliés dès le départ, comme Roland Dumas a dit : « On n’est pas là pour protéger les victimes mais pour les empêcher au contraire, on veut qu’il y en ait plus pour avoir un prétexte d’intervenir. » Et je tiens à rectifier les mensonges qui ont été dit, le gouvernement syrien est parfaitement d’accord de négocier, et ce sont les États-Unis, la France et le Qatar qui ont dit : « Non, on ne négocie pas, on veut gagner militairement sur le terrain ».
« Parce que Bachar El Assad a dit qu’il voulait bien négocier…?? »
« Oui, tout à fait !

Et le cinquième principe de la propagande de guerre, il faut monopoliser le débat, et empêcher les opinions adverses.

Et donc on a dans les médias français, un alignement sur cette propagande que vous avez montré au début, et quand Mr Ayrault s’amène en disant : « j’ai la preuve sur les armes chimiques » et qu’il commence à répéter dans son discours pendant des minutes et des minutes tout ce que tout le monde sait et que personne ne nie, et puis qu’à la fin il dit « les services secrets m’ont dit que c’est Bachar » il n’y a aucun journaliste pour dire « oui, mais des preuves un peu plus sérieuses s’il-vous-plaît ! » Et donc, quand on voit des gens comme Fabius, comme Bernard Henry Lévy, comme Ayrault ou BHL, qui viennent pour avoir le courage de bombarder, mais pas pour avoir le courage de débattre devant des gens qui connaissent le dossier et qui ont des arguments contraires, il faut quand même beaucoup se poser la question…
Et j’insiste sur cette question des cinq principes de la propagande de guerre, parce que, et ce sera ma conclusion, l’année prochaine vous risquez de m’inviter sur l’Iran, ou sur l’Algérie, ou le Venezuela, ou le Congo, l’Érythrée ou le Zimbabwe, et ça va être chaque fois la même comédie, avec les mêmes arguments. Il n’y a pas de guerre vraiment humanitaire, il y a toujours des intérêts pour le fric, il y a toujours des intérêts pour les matières premières… il est temps quand même qu’on se dise : si on veut une humanité solidaire et mettre fin aux guerres, il faut voir QUI provoque ces guerres. »

 

 

les 5 principes de la propagande de guerre selon Michel Collon : 

1- Cacher les intérêts

2- Cacher l’histoire

3- Diaboliser l’adversaire

4- Se présenter comme défendant les victimes

5- Monopoliser le débat, et empêcher les opinions adverses.

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